Interdiction de reconstruction des bidonvilles : la division à Mayotte
Le Premier ministre François Bayrou, lors de sa visite à Mayotte le 30 décembre, a annoncé son intention d’interdire les bidonvilles et de prévenir toute reconstruction dans le 101e département français. Cette mesure est accueillie avec enthousiasme par de nombreux habitants de l’île, mais ne semble pas inquiéter ceux qui vivent dans les bidonvilles.
Certaines personnes comme Red, surnommé ainsi, vit dans une maison en tôle depuis 19 ans. Bien qu’il soit conscient des dangers liés aux bidonvilles, notamment les risques de décès, il affirme que les habitants n’ont pas d’autre choix que de reconstruire ces habitations précaires. Malgré les efforts de reconstruction, ces logements ne sont viables que pour une durée limitée.
Red ne se sent pas préoccupé par une éventuelle expulsion vers les Comores, car il a déjà échappé aux autorités frontalières. Selon lui, l’interdiction de reconstruction ne changerait rien, si ce n’est augmenter la délinquance. Il n’a pas l’intention de quitter Mayotte, où il est né.
D’autres, comme Assfarati, une voisine de Red, se voient contraints de quitter l’île en raison de leur statut étranger. Elle retournera aux Comores si nécessaire.
Lueur d’espoir et doute
Cependant, pour Safina Soula, la présidente du collectif des citoyens de Mayotte, l’annonce de François Bayrou est perçue comme une lueur d’espoir. Elle considère les bidonvilles comme un véritable fléau à Mayotte et espère que le gouvernement ira jusqu’au bout de ses engagements. Néanmoins, elle exprime ses craintes quant aux promesses non tenues par le passé, notamment lors de l’opération Wuambushu pour lutter contre l’immigration illégale et détruire les bidonvilles.
Safina Soula estime que les personnes vivant dans les bidonvilles devraient être rapatriées vers les Comores. Elle souligne que les Mahorais sont les véritables victimes de cette situation et exhorte le gouvernement français à passer des paroles aux actes pour soutenir les habitants de Mayotte.
En conclusion, l’annonce de l’interdiction de reconstruction des bidonvilles par François Bayrou suscite des réactions mitigées à Mayotte. Si certains voient cette mesure comme une solution pour mettre fin à la précarité des conditions de vie, d’autres restent sceptiques quant à sa mise en œuvre réelle et à ses conséquences sur la population.