En Argentine, les inquiétudes grandissent face aux dérives autoritaires du président Milei
Ces dernières semaines, le président argentin Javier Milei a multiplié les comportements autoritaires, suscitant l’inquiétude au sein de la population. En un an de pouvoir, certaines de ses mesures controversées ont profondément préoccupé la société argentine.
Des nominations judiciaires par décret
Il y a quinze jours, le président Milei a nommé deux juges de la Cour suprême par décret, alors que selon la Constitution, cette décision doit être débattue et approuvée au Sénat. Cette mesure a déclenché une polémique et alimenté les craintes quant à une possible prise de contrôle du pouvoir judiciaire par le gouvernement en place.
Discours présidentiel controversé
La semaine dernière, lors du traditionnel discours présidentiel pour l’ouverture des sessions du Congrès, deux événements ont accentué les préoccupations. Tout d’abord, les journalistes accrédités n’ont pas été autorisés à entrer dans l’hémicycle, ce qui constitue une atteinte à la liberté de la presse et une violation de la transparence démocratique. Ensuite, un membre influent du gouvernement a été filmé intimidant et menaçant un député de l’opposition dans les couloirs du Congrès. Cette scène insolite a choqué l’opinion publique et a été largement critiquée.
La situation inquiète de nombreux Argentins, car le président Milei semble s’affranchir des limites démocratiques. Parmi les différentes préoccupations relevées par les centres de recherches, on retrouve la répression des manifestations, les détentions massives, l’utilisation excessive de décrets pour gouverner ainsi que la négation de la légitimité de l’opposition. Certains y voient un abus de pouvoir, tandis que d’autres considèrent cela comme une simple nécessité pour le président.
Face à ces dérives autoritaires, la société argentine se mobilise. Une grande marche féministe, antifasciste et pour la défense de la démocratie est prévue à Buenos Aires ce samedi 8 mars après-midi. C’est maintenant à l’opposition et à la société de fixer des limites face à un gouvernement qui semble ne pas en avoir.