Personne n’est capable de donner un chiffre : à Mayotte, le bilan humain du cyclone Chido fait toujours débat
Officiellement, la préfecture fait état d’une quarantaine de morts et d’autant de disparus. Mais les Mahorais interrogés sont persuadés que ces chiffres sont largement sous-estimés. Plusieurs élus se battent désormais pour faire toute la lumière sur le nombre de victimes.
Des chiffres contestés
Six semaines après le passage du cyclone Chido à Mayotte, les autorités dénombrent officiellement 40 morts et une quarantaine de disparus. Cependant, ces chiffres sont remis en question par les habitants. Dominique Voynet, ancienne directrice de l’Agence régionale de santé de l’archipel, affirme que tout le monde sait que le bilan est plus important. La députée écologiste a d’ailleurs fait passer un amendement pour réclamer un bilan exhaustif de la catastrophe. Pourtant, personne n’est en mesure de donner un chiffre précis.
Des doutes et des incohérences
Dès le lendemain du passage du cyclone Chido, les autorités évoquaient plusieurs centaines, voire quelques milliers, de morts. Les images aériennes des paysages dévastés ont effectivement laissé craindre le pire. Cependant, au fil des jours, le gouvernement s’est montré beaucoup moins alarmiste. Il a finalement déclaré qu’il y avait des dizaines, et non des milliers, de victimes. Cette évolution de discours suscite des doutes et des interrogations chez les habitants. Le sénateur mahorais Saïd Omar Oili affirme que le chiffre officiel de 40 morts lui semble hasardeux. De nombreux témoignages et expériences sur le terrain vont à l’encontre du bilan des autorités.
L’omerta et la nécessité de faire la lumière
De nombreux Mahorais témoignent de leur incompréhension face à ce silence des autorités. Saïd Omar Oili estime que l’État se déshonore en refusant de faire toute la lumière sur la situation réelle des victimes. Catherine Veyrier, membre du Snes-FSU, interroge également cette attitude. Elle estime que tous les décès, même ceux des clandestins, méritent une mémoire et un enterrement digne. Face aux nombreuses incohérences et aux doutes persistants, Saïd Omar Oili a demandé l’ouverture d’une commission d’enquête sur la gestion du cyclone Chido. Il souhaite lever le voile sur cette situation et faire en sorte que cela serve de retour d’expérience.
La question du recensement
La question du recensement de la population se révèle cruciale pour connaître le bilan définitif de Chido. L’Insee estime la population de Mayotte à 321 000 personnes, mais plusieurs élus estiment que ce chiffre est sous-estimé. Saïd Omar Oili affirme que l’Insee n’a pas les moyens de percevoir la réalité de la population, car des personnes entrent et sortent régulièrement de l’archipel. L’Institut national de la statistique défend sa méthodologie, mais reconnaît qu’un nouveau recensement sera nécessaire pour affiner le bilan. En attendant, la rentrée scolaire prévue pour le 27 janvier pourrait également fournir des éléments pour évaluer le nombre de victimes. En conclusion, le bilan humain du cyclone Chido à Mayotte reste incertain et fait toujours débat. Les chiffres officiels sont contestés par les habitants de l’archipel, qui estiment qu’ils sont largement sous-estimés. Plusieurs élus demandent une enquête approfondie pour faire toute la lumière sur cette situation. La question du recensement de la population se révèle cruciale pour obtenir un bilan précis, mais elle reste complexe dans un territoire où des personnes entrent et sortent régulièrement. En attendant d’avoir des réponses définitives, la population de Mayotte reste dans l’attente.