Le procès de Gérard Depardieu : le parquet requiert 18 mois de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende contre l’acteur
L’acteur Gérard Depardieu est jugé pour des agressions sexuelles sur deux femmes lors du tournage du film Les Volets Verts en 2021. Le parquet de Paris a requis une peine de 18 mois de prison avec sursis et une amende de 20 000 euros contre l’acteur. Le ministère public demande également une obligation de soins psychologiques et l’inscription de Gérard Depardieu au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.
Gérard Depardieu doit être exemplaire
Le procureur, Laurent Guy, a souligné lors de son réquisitoire que Gérard Depardieu, en raison de son statut monumental dans le cinéma français, a un devoir d’exemplarité et d’humanité. Il a décrit les plaignantes comme des femmes en situation d’infériorité sociale, soulignant le décalage entre leur situation et la célébrité de l’acteur. Laurent Guy a insisté sur la nécessité de trouver une peine adaptée à cet aspect, prenant en compte la nature des gestes et l’absence de remise en cause de Gérard Depardieu.
Un dossier ordinaire aux proportions gigantesques
Le procureur a qualifié ce dossier d’agressions sexuelles d’ordinaire mais ayant pris des proportions gigantesques. Il a souligné le fait que deux signalements avaient été faits à la production pour des faits commis à quelques jours d’intervalle. Pour la première plaignante, Sarah, le procureur a expliqué que l’absence de témoins n’était pas étonnante compte tenu des circonstances de l’agression. Pour la seconde plaignante, Amélie, il y avait au contraire trois témoins oculaires, mais l’agression a été rapide, ne laissant pas beaucoup de temps pour réagir.
La défense de Gérard Depardieu remise en cause
Le procureur a remis en cause la défense de l’acteur, soulignant qu’il avait adopté différentes versions des faits. Gérard Depardieu avait d’abord nié catégoriquement avoir touché Amélie, puis s’était excusé par la suite. Le procureur a ironisé sur la nouvelle version de l’acteur, celle de l’engueulade professionnelle, en la qualifiant de choix libre de Gérard Depardieu mais qui aura des conséquences sur le jugement.
Les parties civiles dénoncent l’apologie du sexisme
Les avocats des parties civiles ont dénoncé la violence du procès et l’apologie du sexisme qui s’est exprimée. Ils ont relevé une stratégie agressive de la défense de l’acteur et ont dénoncé la victimisation secondaire des plaignantes. Les avocates ont souligné que ce procès illustre l’indissociabilité de l’homme et de l’artiste et ont rejeté la théorie du complot avancée par la défense.
Respecter les droits de Gérard Depardieu
L’avocat de la défense a demandé au tribunal de respecter les droits de Gérard Depardieu. Il a contesté la constitution du dossier et a évoqué une possible organisation et complicité dans cette affaire. L’acteur a nié les faits qui lui sont reprochés tout au long du procès, mais risque jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.