On m’a expliqué que maman était morte : une vie à reconstruire après le féminicide
Un procès marquant
Mounir Boutaa a été condamné pour le meurtre de Chahinez Daoud, sa femme, qui a été brûlée vive le 4 mai 2021. Quatre ans après ce féminicide, les grands-parents de la victime ont pris en charge les trois enfants de Chahinez Daoud. Le procès, qui s’est déroulé devant la cour d’assises de la Gironde, s’est terminé par la condamnation de Mounir Boutaa à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté de vingt-deux ans. Les enfants de la victime, âgés de 16, 11 et 8 ans, n’ont pas assisté aux débats.
Des enfants perturbés
Les enfants de Chahinez Daoud ont été profondément perturbés par la violence qui régnait dans leur foyer. Des voisins rapportent des disputes et des moments de peur. Myriam, la fille aînée, a même évoqué la présence d’un couteau. Ils étaient tristes et perturbés, déclare une amie de Chahinez Daoud. Après l’incarcération de Mounir Boutaa en 2020 pour violences conjugales, la situation s’est légèrement améliorée, mais la menace a persisté après sa sortie de prison.
Une attente difficile
Après le meurtre de leur mère, les enfants ont été placés en foyer d’urgence, puis en famille d’accueil. Il a fallu six mois avant que les grands-parents maternels ne puissent venir en France pour les accueillir. Pendant cette attente, les enfants ne comprenaient pas pourquoi ils ne pouvaient pas vivre chez leurs grands-parents. Une enquête sociale a été diligentée pour évaluer les conditions d’accueil. Finalement, les enfants ont pu rejoindre leurs grands-parents, qui bénéficient d’un suivi psychosocial.
Un combat administratif
Les parents de Chahinez Daoud ont dû se battre administrativement pour organiser l’accueil des enfants. Un logement a été obtenu grâce au soutien de la Fédération nationale des victimes de féminicides et d’une pétition. Cependant, il a fallu également demander la déchéance de l’autorité parentale de Mounir Boutaa, ce qui a pris du temps. Depuis une circulaire de mars 2024, la suspension de l’autorité parentale est automatique lorsque le parent est poursuivi ou condamné pour un crime commis sur l’autre parent.
Une famille en reconstruction
Malgré le soutien de leur famille et un suivi psychosocial, les enfants continuent de souffrir du poids de leur histoire et de la médiatisation du procès. Ils portent les stigmates d’une famille brisée. Rachid, le plus jeune, bénéficie d’un accompagnement particulier en raison de sa situation. Il a exprimé son souhait de ne plus voir son père et a pu changer de nom lors de l’audience civile. Les enfants sont maintenant entre les mains de leur famille et essaient de se reconstruire après cette tragédie.