Violences à Notre-Dame de Bétharram : la ministre de la Justice de l’époque, Elisabeth Guigou, avait été avertie dès 1998 par trois signalements
Trois signalements écrits entre 1998 et 2000 ont été adressés à la ministre de la Justice de l’époque, Élisabeth Guigou, concernant des possibles affaires de violences au sein de l’établissement catholique de Notre-Dame-de-Bétharram, selon des documents obtenus par France Télévisions. Ces signalements prévenaient d’une possible affaire de grande ampleur.
Le Premier ministre François Bayrou, accusé d’avoir eu connaissance de ces faits sans agir, a rejeté une nouvelle fois ces suspicions et a contre-attaqué en ciblant le gouvernement Jospin.
Des signalements adressés à la Chancellerie
Le procureur général a informé la Chancellerie à quatre reprises en 1998 sur ces affaires, en mentionnant la gravité des faits, selon les déclarations de François Bayrou devant l’Assemblée.
Le premier signalement du procureur général près la cour d’appel de Pau a été effectué le 15 juin 1998, soit après la fin du mandat de François Bayrou en tant que ministre de l’Éducation nationale. Le père Carricart, ancien directeur de l’établissement, avait été mis en examen et incarcéré pour des accusations d’agressions sexuelles et de viols émanant d’un ancien pensionnaire.
Le procureur justifie ce signalement par la renommée régionale de l’établissement et l’émotion suscitée par l’incarcération du directeur.
Les développements de l’enquête
Dans une lettre du 23 décembre 1998, le procureur informe la ministre de l’avancement de l’enquête et mentionne qu’une commission rogatoire est en cours pour entendre de nombreux anciens élèves de l’établissement.
Le 8 février 2000, le procureur écrit une nouvelle fois à la Chancellerie pour rendre compte des derniers développements de cette procédure, après le suicide du père Carricart à Rome, impliqué par un autre ancien élève. Cette lettre mentionne que ces développements pourraient avoir un certain impact médiatique local, voire national.
Il est important de souligner que ces informations ont été obtenues par France Télévisions grâce à des documents officiels.