Cancer du sein post-partum : un mécanisme cellulaire à l’origine des tumeurs
Chaque année, entre 5 000 et 6 000 femmes développent un cancer du sein post-partum. Les cancers du sein survenant après une grossesse sont plus agressifs en raison du risque élevé de métastases. Ils se manifestent généralement 5 à 10 ans après la grossesse, au cours de la phase post-partum. Ce type de cancer touche principalement les femmes âgées de 35 à 45 ans, ce qui impacte leurs chances de survie.
Le rôle des cellules sénescentes dans le processus tumoral
Une étude menée par des chercheurs de l’Institut Pasteur a identifié un mécanisme cellulaire clé à l’origine des tumeurs du sein post-partum. Durant la période de retour à la normale du sein après la grossesse, des cellules sénescentes, destinées à disparaître, interviennent pour aider à sa régénération. Cependant, si ces cellules restent présentes dans le tissu mammaire après la lactation, elles peuvent favoriser le développement de cancers post-partum en stimulant les cellules cancéreuses.
La sénescence : un rôle paradoxal dans le cancer du sein post-partum
La sénescence, un mécanisme cellulaire essentiel à la réparation du sein après la grossesse, peut être détournée par les cellules cancéreuses. Alors que la sénescence est censée limiter le risque de transformation cancéreuse, elle peut au contraire favoriser le développement de tumeurs en renforçant la plasticité des cellules tumorales. Ce phénomène permet aux cellules cancéreuses de s’adapter plus facilement à leur environnement et de se propager dans l’organisme.
Vers un traitement préventif du cancer du sein post-partum
Les chercheurs de l’Institut Pasteur ont élaboré un traitement expérimental visant à éliminer les cellules sénescentes associées aux tumeurs du sein post-partum. En ciblant ces cellules fantômes, ils espèrent réduire le risque de cancer du sein post-partum, retarder l’apparition des tumeurs et limiter la formation de métastases. Bien que cette découverte ouvre des perspectives prometteuses, le développement d’un traitement préventif viable pourrait nécessiter encore une dizaine d’années de recherche et de validation.