E-liquide français : comment la vape made in France se réinvente après la fin des puffs

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Depuis février 2025, les puffs ont disparu des rayons français. Un an et demi plus tard, le marché de la cigarette électronique a changé de visage : moins de jetable, davantage de matériel rechargeable, et des vapoteurs qui regardent de près ce qu’ils mettent dans leur réservoir. Dans ce nouveau paysage, les fabricants d’e-liquide français qui misent sur la transparence et la composition végétale tirent leur épingle du jeu.

Fin des puffs : un marché qui a changé de visage

Le vote a été net. En février 2025, le Sénat a adopté à l’unanimité la loi interdisant les cigarettes électroniques jetables, et le Parlement a définitivement entériné le texte. La France est ainsi devenue le deuxième pays de l’Union européenne à bannir les puffs, après la Belgique.

Deux arguments ont porté la mesure. D’abord la santé des plus jeunes : ces petits tubes colorés et sucrés avaient largement séduit les adolescents, malgré l’interdiction de vente aux mineurs. Ensuite l’environnement : des millions d’appareils, batterie comprise, finissaient chaque année sur la voie publique.

L’interdiction ne vise que le jetable. Les cigarettes électroniques rechargeables restent autorisées, et c’est vers elles que se sont tournés les adultes qui utilisaient des puffs pour décrocher de la cigarette. Un pod rechargeable et un flacon d’e-liquide : le geste est un peu moins immédiat, mais le coût à l’usage est bien plus faible et les déchets beaucoup moins nombreux.

La taxe sur les e-liquides écartée… pour combien de temps ?

L’automne 2025 a été agité pour la filière. Le projet de loi de finances pour 2026 prévoyait une accise de 3 centimes par millilitre pour les e-liquides dosés jusqu’à 15 mg de nicotine, et de 5 centimes au-delà. Soit 30 à 50 centimes de plus par flacon de 10 ml, auxquels s’ajoutaient un projet d’agrément des points de vente et une interdiction de la vente en ligne.

Le gouvernement y voyait une contribution du vapotage au financement de la santé publique. Ses opposants, de tous bords, rappelaient que la cigarette électronique aide de nombreux fumeurs à arrêter, et qu’en réduire l’écart de prix avec le tabac pouvait être contre-productif. Le syndicat professionnel Fivape parlait même d’un « cataclysme pour la vape indépendante ».

Résultat : l’Assemblée nationale a supprimé l’article en novembre 2025, le Sénat a retiré l’interdiction de vente en ligne en décembre, et le budget adopté début 2026 ne contient ni taxe ni agrément. Le sujet n’est pas clos pour autant : Bruxelles travaille à une harmonisation de la fiscalité des produits du vapotage, et plusieurs voisins, comme l’Allemagne, taxent déjà les e-liquides. Pour les fabricants, l’enjeu est clair : justifier leur prix par la qualité, avant que la fiscalité ne s’en mêle.

Grands formats et nicotine à la carte : la réponse des fabricants

La réglementation européenne limite à 10 ml les flacons d’e-liquide contenant de la nicotine. Pour un vapoteur régulier, ces petits formats reviennent cher et multiplient les emballages. Les fabricants ont donc généralisé une autre formule : le grand flacon sans nicotine, accompagné de « boosters » à ajouter soi-même.

Le principe est simple. Le flacon n’est pas rempli jusqu’en haut ; on y verse le booster de nicotine, on secoue, et le liquide est prêt. Le vapoteur choisit précisément son dosage, et peut le baisser progressivement s’il souhaite réduire sa consommation, jusqu’à vapoter en 0 mg.

Côté portefeuille, l’écart est net : plus le flacon est grand, plus le prix au millilitre baisse. Les formats de 50 à 240 ml se sont imposés dans les boutiques spécialisées, au point de devenir la norme pour les vapoteurs installés.

Base végétale et certification : la composition devient un argument

Un e-liquide repose sur deux ingrédients de base : le propylène glycol (PG), qui porte les arômes et donne la sensation en gorge, et la glycérine végétale (VG), qui produit la vapeur. Le dosage le plus courant, 50/50, convient à la plupart des pods et clearomiseurs.

La différence se joue sur l’origine. Le propylène glycol utilisé dans l’industrie est le plus souvent issu de la pétrochimie, mais il existe une version d’origine végétale. Certains fabricants ont fait ce choix et le font contrôler par un organisme indépendant comme Ecocert, qui vérifie l’origine des matières premières.

Les arômes suivent la même logique : arômes naturels, absence d’exhausteur de goût, liste d’ingrédients lisible. Ces critères ne font pas du vapotage une pratique anodine, et aucun fabricant sérieux ne le prétend. Mais ils répondent à une attente précise des vapoteurs adultes : savoir ce qu’ils inhalent, et d’où cela vient.

L’exemple de Naturo Vape, fabricant français depuis 2019

Créée en 2019, la marque Naturo Vape illustre bien cette évolution. Ses e-liquides français en base végétale reposent sur une base 50/50 de propylène glycol d’origine végétale et de glycérine végétale, entièrement certifiée Ecocert. Pas de propylène glycol de synthèse, pas d’exhausteur de goût : la marque mise sur des arômes naturels.

La gamme compte plus de quarante recettes, réparties en grandes familles : classics pour les anciens fumeurs, menthes, fruités, fruités frais, gourmands et boissons. Chaque saveur existe en 30, 60, 120 et 240 ml, avec un prix au millilitre qui baisse à mesure que le format grandit, à partir de 9,90 € le flacon.

Le modèle des boosters est appliqué jusqu’au bout : chaque recette est disponible sans nicotine, ou dosée à 3, 6 ou 9 mg selon les besoins. Un choix qui colle aux usages actuels, où beaucoup de vapoteurs cherchent à réduire progressivement leur taux de nicotine.

Ce qu’il faut vérifier avant d’acheter un e-liquide

Quelques points suffisent pour faire le tri entre les flacons :

  • L’origine de la base : propylène glycol et glycérine d’origine végétale, idéalement attestés par une certification indépendante.
  • Le lieu de fabrication : un e-liquide fabriqué en France, avec un numéro de lot et une date limite d’utilisation sur l’étiquette, offre une meilleure traçabilité.
  • Le ratio PG/VG : un 50/50 fonctionne sur la plupart des pods ; les ratios riches en glycérine sont plutôt réservés aux matériels plus puissants.
  • Le dosage de nicotine : il doit correspondre à sa consommation, et pouvoir baisser avec le temps.
  • Le format : pour un usage quotidien, un grand flacon revient nettement moins cher au millilitre.

Un marché qui se joue désormais sur la confiance

Après la fin des puffs et un débat fiscal qui reviendra sans doute, la vape française entre dans une phase plus mature. Les consommateurs ne cherchent plus seulement une saveur, mais une composition claire, une fabrication traçable et un prix juste. Les marques qui ont anticipé ce virage, comme les fabricants d’e-liquide en base végétale certifiée, sont les mieux placées pour en profiter.

Les produits du vapotage sont réservés aux personnes majeures. Ils sont destinés aux fumeurs adultes et ne doivent pas être utilisés par les non-fumeurs.

Auteur

Jérôme Leroux, 31 ans, est un auteur passionné du monde du gaming, du cinéma et des séries. Originaire de Nantes, il a débuté sa carrière dans le journalisme en tant que contributeur indépendant pour des publications locales.

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