Sanofi : Dupixent peut-il rester le principal moteur de croissance du laboratoire ?

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Dupixent est devenu en quelques années l’un des médicaments les plus importants de Sanofi. Utilisé dans plusieurs maladies inflammatoires de type 2, il bénéficie à la fois d’une adoption croissante dans ses indications existantes et d’un élargissement progressif de son champ thérapeutique. Au deuxième trimestre 2026, ses ventes ont atteint 5,2 milliards d’euros, en progression de 37,6 % à taux de change constants. 

Pour Sanofi, cette réussite constitue à la fois une force et une question stratégique. Un médicament capable de générer plusieurs milliards d’euros par trimestre apporte des moyens considérables pour financer la recherche et les acquisitions. Mais plus son poids augmente, plus les investisseurs cherchent à savoir quels produits pourront progressivement compléter son rôle.

Pourquoi Dupixent continue-t-il de croître aussi vite ?

Le premier facteur est l’étendue des maladies auxquelles le médicament peut s’adresser. Dupixent est utilisé dans plusieurs pathologies inflammatoires, ce qui signifie que son potentiel ne dépend pas d’une seule population de patients. Chaque nouvelle indication validée par les autorités sanitaires peut augmenter son marché accessible.

La croissance peut également venir de l’expansion géographique et d’une meilleure identification des patients éligibles. Les maladies chroniques concernées peuvent toucher des populations importantes, mais tous les patients ne sont pas immédiatement diagnostiqués ou traités avec les thérapies biologiques les plus récentes.

Le mécanisme crée ainsi plusieurs vagues successives de croissance. Une indication commence par obtenir une autorisation, puis les médecins adoptent progressivement le traitement, les systèmes de santé définissent leurs conditions de remboursement et de nouveaux pays arrivent sur le marché.

Un succès de cette taille transforme les finances de Sanofi

Un blockbuster pharmaceutique possède une caractéristique économique particulière : une fois la molécule développée et les principales dépenses de recherche engagées, la croissance des volumes peut générer des marges importantes. Les bénéfices peuvent ensuite financer d’autres programmes de R&D ou acquisitions.

Cette dynamique apparaît dans les résultats 2026. Au deuxième trimestre, les ventes de Sanofi ont augmenté de 17,8 % à taux de change constants, tandis que le BNPA des activités progressait de 33,3 %. Le groupe a relevé son objectif annuel et prévoit désormais environ 10 % de croissance des ventes en 2026, avec une progression légèrement supérieure du BNPA des activités. 

La solidité financière générée par Dupixent permet donc à Sanofi d’investir plus agressivement dans son futur portefeuille. Les dépenses de R&D ont atteint 2,2 milliards d’euros sur le seul deuxième trimestre, soit une hausse de 17,9 %. 

Mais la dépendance à un produit reste un risque

Pour interpréter le cours et dividende Sanofi, la progression de Dupixent ne doit pas être observée isolément. Plus un médicament devient important, plus tout ralentissement inattendu de ses ventes, arrivée d’un concurrent ou problème réglementaire peut influencer les anticipations portant sur l’ensemble du groupe.

Le secteur pharmaceutique possède également une contrainte spécifique : les médicaments brevetés ne bénéficient pas éternellement de leur exclusivité. Même si l’échéance paraît encore suffisamment éloignée pour poursuivre la croissance de Dupixent, Sanofi doit préparer la génération suivante de produits bien avant que cette protection ne devienne un problème.

L’objectif est donc moins de remplacer immédiatement Dupixent que de réduire progressivement sa part relative dans la croissance future.

Les nouveaux lancements commencent à prendre le relais

Sur ce point, le deuxième trimestre 2026 a montré une évolution intéressante. Les ventes des nouveaux lancements pharmaceutiques ont progressé de 48,3 % et atteint 1,3 milliard d’euros, principalement grâce à Ayvakit, ALTUVIIIO et Sarclisa. Ces montants restent très inférieurs à ceux de Dupixent, mais leur taux de croissance montre que le groupe commence à construire plusieurs piliers.

ALTUVIIIO, utilisé dans l’hémophilie A, répond à un besoin différent de l’immunologie. Sarclisa est présent dans l’oncologie, tandis qu’Ayvakit, issu de l’acquisition de Blueprint Medicines, apporte à Sanofi un actif supplémentaire dans les maladies rares. Cette diversification thérapeutique réduit la dépendance à un seul domaine.

Le management estime que les nouveaux lancements pharmaceutiques pourraient représenter environ 10 milliards d’euros de ventes en 2030, à taux de change constants. Dans le même temps, Sanofi vise environ 25 milliards d’euros pour Dupixent à la même échéance. 

Le véritable test se situe dans le pipeline

Les ventes actuelles donnent une bonne photographie de Sanofi, mais la valeur d’un laboratoire dépend largement de médicaments qui ne sont pas encore commercialisés. Les essais de phase 2 et 3, les décisions réglementaires et la capacité à sélectionner les meilleurs projets déterminent ce que sera le portefeuille dans cinq ou dix ans.

Sanofi a d’ailleurs entrepris en 2026 de revoir certaines priorités de recherche. Sept approbations réglementaires et deux résultats positifs d’études de phase 3 ont été annoncés au deuxième trimestre, parallèlement à cette réorganisation du pipeline. Le montant élevé consacré à la R&D montre que le groupe accepte d’investir aujourd’hui pour diminuer sa dépendance future.

Dupixent peut donc rester le principal moteur de Sanofi pendant encore plusieurs années sans que cela constitue nécessairement une faiblesse. Le véritable enjeu est de profiter de cette période exceptionnelle de croissance pour développer suffisamment de nouveaux médicaments. Si plusieurs lancements atteignent une taille significative avant que Dupixent ne ralentisse, le produit aura joué un double rôle : générer des revenus considérables et financer la transformation du portefeuille de Sanofi.

Auteur

Jérôme Leroux, 31 ans, est un auteur passionné du monde du gaming, du cinéma et des séries. Originaire de Nantes, il a débuté sa carrière dans le journalisme en tant que contributeur indépendant pour des publications locales.

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